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Wondercity rencontre Gilles Ciment, Jean-Pierre Mercier et Elisa Laget pour l'Exposition Spirou !

Publié le 15/07/13 par Wondercity

Wondercity rencontre Gilles Ciment, Jean-Pierre Mercier et Elisa Laget pour l'Exposition Spirou !

Du 29 juin au 6 octobre 2013, le musée de la Bande Dessinée d'Angoulême accueille Spirou pour une exposition..... dynamique ! A l'occasion de ses septante-cinq printemps, le plus connu des grooms est le héros d'une rétrospective riche en surprises ! Au programme : planches originales, rencontre avec les dessinateurs, jouets ou encore affiches des débuts attendent petits et grands pour leur plus grand plaisir. Wondercity a rencontré Gilles Ciment, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique de la Cité, commissaire de l’exposition et Elisa Laget, médiatrice culturelle de la Cité, pour tenter d'en apprendre un peu plus sur ce personnage qui fascine et plait toujours autant.

Le Musée de la Bande Dessinée d’Angoulême est l’un des rares musées qui ouvre ses portes au Neuvième Art pour le grand et le jeune public. Pourquoi cette volonté de promouvoir l’art des comics ?

Gilles Ciment, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image :

Angoulême était déjà connue pour son festival qui célèbre la bande dessinée quatre jours par an, fin janvier. Mais tous les arts (et bien d’autres domaines) ont leur musée, qui conserve, valorise et diffuse les œuvres tout au long de l’année : outre les musées des « Beaux-arts », citons la Cité de l’architecture et du patrimoine, la Cité de la musique, le musée du cinéma de la Cinémathèque française, etc. Il y a trente ans, Jack Lang a voulu que le Neuvième Art, qui sortait alors de son statut de sous-culture ou de paralittérature pour s’affirmer enfin comme un art majeur du XXème siècle, ait enfin son musée et même son centre national (devenu depuis six ans la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image), et que celui-ci soit tout naturellement installé à Angoulême, confirmant de façon éclatante la préfecture de la Charente comme capitale de la bande dessinée. Pôle international de référence en la matière, d’une richesse patrimoniale incomparable tant par les collections de planches originales et objets du musée que par les imprimés de sa bibliothèque, s’attachant aussi à la création contemporaine avec sa résidence internationale d’artistes, la Maison des auteurs, la Cité attire toute l’année les amateurs de bande dessinée (notamment pendant le festival, auquel elle contribue en particulier par des expositions remarquables) aussi bien que les profanes curieux (notamment l’été, qui voit affluer au musée les familles de touristes). Nous alternons donc les expositions pour ces différents publics, celles de l’été s’adressant à toutes les générations confondues.

Que représente le monde de Spirou pour les fans de BD ? Est-il un emblème dans le monde des cartoons ? Comment peut-il, après 75 ans d’existence, encore intéresser les enfants ?

Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique de la Cité, commissaire de l’exposition :

C’est l’une des deux grandes esthétiques de la bande dessinée belge (l’autre est la fameuse « ligne claire » d’Hergé). Spirou est loyal et droit, comme la quasi-totalité des héros d’avant les années 1960 mais, comme son nom l’indique (en wallon, Spirou veut dire « écureuil » mais aussi « espiègle »), c’est un personnage dynamique mais aussi un peu moqueur, qui peut poser un regard ironique sur les choses.
Spirou est l’emblème de « l’école de Marcinelle » (du nom de la ville où se trouve la rédaction du journal Spirou), dont les auteurs les plus connus sont Jijé, Franquin, Morris et Will. Il s’agit d’une école graphique qui privilégie la lisibilité, la souplesse et l’élégance du trait. Les aventures de Spirou dessinées par Franquin en sont sans doute les réussites les plus abouties.
Spirou continue à intéresser les enfants parce qu’en 75 ans d’existence, il est passé entre les mains d’une douzaine de dessinateurs qui l’ont fait évoluer et refléter l’air du temps. Il possède aujourd’hui un téléphone portable, et sa dernière aventure le voit affronter une multinationale tentaculaire…

Comment s’articule votre exposition qui retrace l’histoire de Spirou, de la création du personnage jusqu’à nos jours ?

Jean-Pierre Mercier : Notre exposition fonctionne en cinq temps. Une première partie retrace l’histoire du journal, en insistant sur les premières années, pendant la période difficile et troublée de la Seconde Guerre mondiale. Puis nous présentons tous les auteurs de Spirou, de Rob-Vel à Yoann, au moyen d’originaux pour certains rares et émouvants. Puis nous présentons la « famille » de Spirou, le petit groupe de comparses que l’on retrouve d’épisode en épisode, en insistant sur le Petit Spirou, qui raconte les bêtises que faisait le personnage dans son jeune âge, avant de devenir un héros irréprochable. Enfin, nous évoquons la rédaction du journal Spirou à travers les séries qui, à la suite de Gaston, s’amusent à moquer la vie trépidante de la rédaction du journal et la vie pleine d’embûches des auteurs de bande dessinée. Enfin, « La Galerie des illustres » présente une sélection de trente auteurs qui ont participé à la rubrique de Spirou (le journal) qui interroge les auteurs sur les origines de leur vocation. Beaucoup évoquent Spirou (le personnage), mais pas tous. Il y a bien sûr un coin lecture, mais aussi des audiovisuels et une table électronique qui permet de feuilleter virtuellement plus d’une cinquantaine de numéros qui retracent 75 ans de publications hebdomadaires.

Vous proposez différents ateliers en lien avec l’exposition pour le jeune public. Quels sont-ils et comment se déroulent-ils ?

Elisa Laget, médiatrice culturelle de la Cité :

En tout, une dizaine d’ateliers différents sont proposés durant les trois mois d’ouverture de l’exposition. Nous souhaitons que les enfants découvrent l’exposition et l’univers de Spirou en pratiquant des activités amusante et intéressante, quelles qu’en soit la nature. Ainsi, nous proposons des ateliers de bande dessinée mais pas seulement : cuisine, installations plastiques, pliage, création numérique sont au menu des activités estivales. Pour varier les plaisirs, deux activités différentes sont proposées chaque semaine. Egalement, nous inviterons trois artistes à partager leur pratique à travers des stages de création.
Nous n’oublions pas nos jeunes visiteurs souhaitant visiter l’exposition ! Un livret-jeu gratuit, combinant jeux, questions, devinettes, à faire en famille est proposé à l'entrée !

Pensez-vous que les enfants sont capables de « faire » de l’Art ? D’après vous, la bande dessinée peut-elle les inciter à davantage de créativité ?

Elisa Laget : Au musée, nous défendons l’idée que l’art n’est pas réservé aux adultes !
La bande dessinée, au même titre que la peinture, la musique, ou la photographie, est un art qu’il convient de placer entre les mains des enfants, sans hésitation. En plus d’être un formidable moyen d’expression, la création de bande dessinée fait appel à plusieurs compétences : écriture, dessin, mise en scène, imagination, narration... Lors des ateliers, nous sommes particulièrement attentifs au respect du trait de chacun, et à la liberté de création, même si nous donnons toujours une contrainte de départ. Créer doit rester un plaisir.

Quels sont vos prochains projets concernant le jeune public ou que souhaiteriez-vous imaginer et réaliser pour les enfants ?

Elisa Laget : Le prochain projet de la Cité concernant le jeune public est la création d’un espace enfant ludique, instructif et interactif, au sein du parcours permanent. Nous prévoyons son ouverture à l’été 2014.
Et bien entendu, continuer d’imaginer de nouvelles activités autour des expositions temporaires.