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Wondercity rencontre Mathilde Le Gal, chargée de médiation enfants, familles et handicap au Quai Branly !

Publié le 12/12/12 par Wondercity

Wondercity rencontre Mathilde Le Gal, chargée de médiation enfants, familles et handicap au Quai Branly !

Dans les médias, nous entendons souvent parler de ces populations touchées par les conflits de leur pays ou la pauvreté, et en particulièrement les plus petits. Pour aider et rendre un petit peu le sourire aux enfants réfugiés, le Musée du Quai Branly organise l'atelier de L'Autre Jouet depuis plusieurs années. Un atelier destiné à favoriser l'échange culturel entre les enfants français participants et, cette année, les réfugiés syriens en Turquie. Accompagnés d'un médiateur présent pour expliquer ce geste au jeune public, les enfants donnent un de leur jouet, puis en construisent un autre en matériaux de récupération. Mathilde Le Gal, chargée de médiation enfants, familles et handicap au Quai Branly, a répondu aux questions de Wondercity et nous explique le but de ces ateliers et leur déroulement. (©musée du quai Branly, photo Jacques Rostand)

Le Musée du Quai Branly développe des activités et diverses manifestations à l’attention du jeune public, pouvez-vous nous expliquer pourquoi et dans quel but ?

Ces activités ont pour objectif de sensibiliser les enfants à la diversité des cultures, de leur permettre une meilleure compréhension des autres visions du monde et de les inciter à aborder la différence avec tolérance et respect.
Afin d’atteindre ces objectifs, il est important de proposer aux enfants, dès le plus jeune âge, une offre adaptée. Elle se déroule de préférence dans un moment partagé entre enfants et parents, de manière à ce que les sujets abordés au musée puissent être rediscutés ensuite en famille. Elle s’intègre ainsi au projet éducatif global que les parents créent pour leurs enfants.
L’approche pédagogique fait également l’objet d’une attention particulière et diffère sensiblement de celles proposées par ailleurs (cadre scolaire, notamment). De manière à ce que tous les enfants puissent en profiter - même s’ils ne sont pas « bons à l’école » - la découverte culturelle passe essentiellement par l’expérimentation, la sollicitation de l’imaginaire et de la créativité de chacun.
L’exploration d’autres modes de pensée se fait toujours à partir du référentiel commun à l’ensemble des participants à l’activité : l’univers occidental et la vie quotidienne des enfants (la famille, l’école, les programmes télévisés, la maison, les transports, etc.).

Comment est née l’idée de l’atelier « l’Autre Jouet » et comment se déroule-t-il ?

Il s’agissait au départ de permettre aux enfants qui visitent le musée de découvrir les jeux des autres enfants du monde ; de leur faire découvrir qu’il n’est pas nécessaire de posséder de nombreux jouets pour s’amuser (un des jeux les plus répandus dans le monde consiste à créer soi-même ses propres jouets). En collaboration avec l’UNHCR (haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) l’idée de la mise en place d’un échange culturel entre enfants du monde s’est tout naturellement insérée dans le projet d’atelier.

Chaque enfant apporte donc un de ses jouets pour un enfant qui vit dans un camp de réfugiés, et y ajoute un petit mot pour l’enfant destinataire.
Les enfants sont accueillis par un médiateur, qui les accompagne dans la séparation de leur jouet, et leur explique le sens de ce geste : il ne s’agit pas de charité, mais bien d’un échange. C’est pour cela qu’il faut que les enfants qui donnent un de leurs jouets participent à un atelier de valeur éducative, au cours duquel ils fabriquent des jouets à partir de matériaux de récupération. Chacun repart avec le jouet qu’il a fabriqué.

Comment abordez-vous le sujet des enfants réfugiés ou dans le besoin afin de mieux sensibiliser les participants à l’atelier ? Comment leur expliquez-vous le système de dons de jouets et d’échange culturel ?

Le médiateur dialogue avec les enfants, et leur propose d’interroger les valeurs associées à la fête de Noël dans notre société de consommation et de regarder différemment ce que nous considérons comme des déchets. Il rappelle également que les enfants réfugiés sont d’abord des enfants, qui ont certes besoin de se nourrir, se loger, se vêtir ; mais aussi de jouer, pour s’épanouir et grandir.
L’échange étant une pratique culturelle déjà très pratiquée par les enfants (notamment dans les cours de récréation) ceux-ci intègrent très facilement le principe du don/contre-don.

Quelles retombées avez-vous eu des ateliers « l’Autre Jouet » les années précédentes ?

Les visiteurs sont toujours ravis de partager en famille un moment ludique, tout en participant à une action solidaire. Depuis octobre 2006, plus de 9500 enfants ont participé à l’Autre jouet !

Quel regard portez-vous sur les enfants et leurs aptitudes à appréhender l’Art ? Un de vos meilleurs moments partagés avec les enfants ?

Très jeunes, les enfants ont déjà une intelligence acérée, des questionnements fins ; ils sont curieux, mais n’ont pas encore d’idées bien campées sur le monde, les choses, et comment ils devraient être. Ils reçoivent donc tout simplement ce qu’on leur propose. On pourrait dire que c’est un public facile, parce qu’il n’y a pas de préjugés à déconstruire avant d’aborder une œuvre d’art extra-occidentale. En même temps, ils sont très exigeants : ils ne font pas semblant d’avoir compris si ça n’est pas le cas, ne restent pas patiemment écouter s’ils s’ennuient... Et certains ont des connaissances impressionnantes ! Ils nous poussent donc à être toujours parfaitement au point.

Quels sont, en général au Musée, les ateliers les plus plébiscités par les enfants et qui rencontrent un vif succès ?

Les ateliers pour les enfants de 3 à 5 ans plaisent énormément. Les jeunes parents sont très heureux de pouvoir partager la découverte culturelle avec leurs tout-petits ; nos activités sont conçues de telle manière que les parents aussi apprennent beaucoup de choses, et participent activement à séquence créative.

Quels sont vos prochains projets ou que souhaiteriez-vous imaginer et réaliser pour les enfants ?

Nous avons de très nombreux projets en cours. En ce moment, nous travaillons plus particulièrement pour permettre aux enfants qui ne peuvent pas venir au musée (s’ils sont hospitalisés par exemple, ou s’ils vivent trop loin tout simplement) de profiter quand même de nos activités de découverte.